15 exemples de comportement cible

Dans le domaine de la psychologie comportementale, un comportement cible est un ensemble d’actions spécifiques choisies pour être modifiées chez un individu.

Ces comportements peuvent inclure des problèmes de comportement en classe, interrompre les autres, crier sans raison valable ou adopter une attitude d’opposition.

Souvent, l’individu concerné est un élève ayant des problèmes de comportement ou un adulte cherchant de l’aide auprès d’un thérapeute agréé.

exemples de comportement cible

Définition du comportement cible

Le comportement cibleest utilisé dans l’Analyse Appliquée du Comportement (AAC) pour appliquer les principes du conditionnement opérant et classique afin de modifier un comportement.

Il s’agit du comportement que vous souhaitez modifier, éliminer, remplacer ou changer.

Il est important de définir clairement le comportement cible avant de mettre en œuvre une intervention de modification du comportement en AAC. Cette définition, appelée définition opérationnelle, décrit le comportement de manière observable et mesurable, et devrait inclure une étiquette, une définition, des exemples et des contre-exemples.

Voici quelques éléments à prendre en compte lors de la définition d’un comportement cible :

  • Spécifique : le comportement doit être précis et clairement défini.
  • Observable : il doit être possible de constater le comportement en question.
  • Terminologie mesurable : la définition opérationnelle doit permettre de mesurer le comportement.
  • Accord inter-observateurs : deux personnes observant indépendamment le comportement doivent être d’accord sur le moment où le comportement se produit (et ne se produit pas).

En respectant ces critères, vous pouvez définir efficacement le comportement cible pour une intervention en AAC.

Exemples de comportements cibles

Voici quelques exemples de comportements cibles observables et mesurables pour mieux comprendre le concept :

  • Besoin de saisir un appareil : beaucoup d’adultes souffrent de l’addiction aux appareils électroniques. Ils peuvent vouloir cibler et modifier ce comportement grâce à l’analyse comportementale appliquée.
  • Désordre : un élève refuse constamment de ranger les jouets après les avoir utilisés dans la salle de classe.
  • Défiance : rester étendu sur le sol de la salle de classe plus de 10 secondes par défi suite à une instruction donnée par l’enseignant.
  • Exagération : taper sur le bureau et crier lorsqu’on ne parvient pas à ses fins ou lorsqu’on s’ennuie.
  • Bruit perturbateur : parler, rire ou faire du bruit lorsque l’enseignant conduit une écoute.
  • Interruption : répondre aux questions hors tour ou lorsque la question était dirigée vers un autre élève.
  • Violation de l’espace physique : pincer l’enseignant ou un autre élève sur n’importe quelle partie du corps avec une force suffisante pour laisser une marque visible.
  • Passer devant dans la file : couper la file d’attente lorsque les élèves se mettent en rang pour quitter la salle de classe.
  • Ruiner des jeux : tenir volontairement un puzzle à l’envers pour que les pièces tombent par terre.
  • Se ronger les ongles : mâcher ses ongles ou ses cuticules, comportement souvent ciblé chez les adultes souffrant d’anxiété.
  • Langage irrespectueux : utiliser des jurons ou un langage péjoratif envers l’enseignant ou les camarades de classe.
  • Non-conformité : refuser d’accomplir le travail assigné, accepter l’autorité de l’enseignant ou prendre part aux leçons.
  • Quitter son siège sans autorisation : se lever de son siège en classe et se promener dans la pièce sans demander la permission.
  • Perturber les transitions : faire du bruit, courir ou refuser de bouger lors des transitions, par exemple lors du passage de la salle de classe à la cour de récréation.
  • Usage inapproprié des appareils électroniques : un élève utilise des appareils électroniques, comme des téléphones ou des tablettes, en classe sans autorisation, se distrayant et distrayant les autres de la leçon.

En somme, ces exemples de comportements cibles peuvent être abordés et modifiés dans le but d’améliorer la qualité de vie de l’individu et des personnes qui l’entourent.

Études de cas et base de recherche

Les comportements cibles sont essentiels dans l’analyse appliquée du comportement.

1. Aider les enfants atteints de troubles émotionnels et comportementaux

Les enfants présentant des problèmes émotionnels et comportementaux sévères peuvent parfois perturber tellement la classe qu’ils sont envoyés dans un programme de traitement de jour.

Une étude de Rasmussen et O’Neill (2006) a appliqué la modification du comportement à trois enfants âgés de 8 à 12 ans. Tous trois ont été identifiés comme ayant des problèmes émotionnels et comportementaux et fréquentaient un programme de traitement de jour avec d’autres élèves.

Le comportement cible était défini comme des perturbations verbales, telles que chanter à voix haute, parler à un camarade alors que l’enseignant parle, ou parler sans lever la main au préalable.

Les élèves travaillaient sur diverses tâches académiques telles que l’écriture, les mathématiques ou les études sociales pendant trois à quatre périodes de 10 minutes chaque jour, cinq jours par semaine.

L’enseignant a été formé pour donner des éloges verbaux ou une légère tape sur le bras toutes les 10 ou 20 secondes si l’enfant était engagé dans un comportement en cours de tâche. Cette approche de renforcement non contingent a contribué à maintenir les enfants sur la bonne voie.

Les résultats ont montré que la modification du comportement a fonctionné. Les trois enfants ont montré une diminution du comportement cible qui était « immédiate, substantielle et stable ». Les auteurs ont conclu que ces procédures étaient efficaces pour réduire les comportements perturbateurs verbaux.

2. Ciblage du comportement adaptatif en Norvège

L’intervention comportementale intensive précoce pour les enfants vise à améliorer divers comportements, allant de l’amélioration du fonctionnement intellectuel à l’instauration du fonctionnement adaptatif.

Selon une étude, l’intervention comportementale intensive pourrait être considérée comme une intervention très efficace. Les tailles d’effet pour les questionnaires d’intelligence (QI) et les résultats en matière de comportement adaptatif sont de moyennes à larges.

L’étude en question a examiné l’efficacité de deux modèles d’intervention sur des enfants présentant des déficiences intellectuelles. Le comportement cible était le comportement adaptatif mesuré par l’échelle de comportement adaptatif de Vineland, qui évalue la communication, les compétences de la vie quotidienne et la socialisation. Les enfants ont également passé l’un des trois tests de QI standards.

Vingt-cinq enfants (âgés de 3 à 5 ans) ont reçu soit une intervention comportementale, soit une intervention éclectique pendant 10 à 12 heures par semaine pendant 12 à 14 mois.

Le groupe d’intervention comportementale a obtenu des scores significativement plus élevés sur les échelles de comportement adaptatif et de QI ciblées que le groupe éclectique. Ces gains étaient apparents pour le QI, les scores composites du comportement adaptatif et les scores standard de communication. Toutes les tailles d’effet de groupe étaient, par convention, considérées comme importantes.

3. Garder les jeunes apprenants concentrés

Appliquer la modification de comportement n’est pas uniquement destiné aux enfants ayant des troubles d’apprentissage. Les interventions d’Analyse Appliquée du Comportement peuvent également être utilisées avec des élèves présentant des profils d’apprentissage typiques. En effet, tous les enfants peuvent avoir du mal à rester concentrés en classe.

Dans une étude menée par Riley et al. (2011), le comportement de concentration et de distraction de deux élèves du primaire (tous les deux âgés de 7 ans) a été observé. Durant la première phase, les comportements des élèves ont été analysés pour établir une référence. Pendant la phase d’intervention, l’enseignant a été guidé pour féliciter les comportements concentrés (une forme de renforcement contingent) et rediriger les comportements inattentifs.

Les résultats ont montré que :

« …l’attention était efficace pour augmenter les comportements concentrés des deux participants »

L’enseignante a également signalé qu’elle appréciait l’intervention, qu’elle était facile à mettre en œuvre et qu’elle ne distrayait pas les autres élèves.

4. Comportements de remplacement

Habituellement, une intervention d’ Analyse Appliquée du Comportement vise un comportement spécifique perturbant pour l’apprentissage en classe. Cependant, il est aussi important d’aider l’enfant à développer des comportements à l’autre extrémité du continuum. Ce sont des comportements constructifs, appelés comportements de remplacement.

Comme l’explique la vidéo de l’analyste certifiée en comportement Shayna Gaunt : « les comportements de remplacement sont généralement un comportement souhaité que nous pouvons enseigner à un élève, au lieu de se livrer à un comportement difficile ».

La première étape pour enseigner un comportement de remplacement consiste à découvrir pourquoi le comportement difficile se produit.

Par exemple, si l’enfant devient perturbateur dès que l’enseignant commence à distribuer des fiches de travail en maths, cela peut être parce qu’il manque de confiance en maths.

L’enseignant peut aider l’enfant à remplacer le comportement négatif par :

  • Enseigner à l’enfant à exprimer verbalement qu’ils ont besoin de prendre une pause, ou qu’ils ont besoin de l’aide de l’enseignant.
  • L’enfant peut évacuer son énergie nerveuse en jouant avec un jouet anti-stress.

Ce ne sont que deux exemples de comportements de remplacement qui peuvent aider l’enfant à gérer son anxiété de manière plus constructive.

Conclusion

Dans le domaine de l’éducation, le comportement cible est le comportement d’un élève choisi pour être modifié, généralement parce qu’il perturbe l’apprentissage en classe ou met en danger l’enfant lui-même ou les autres.

Pour aborder ce comportement, la première étape de l’Analyse Appliquée du Comportement consiste à comprendre sa valeur fonctionnelle. Cela implique une analyse approfondie de l’action de l’élève.

Les professionnels formés, les enseignants et d’autres parties prenantes ayant une expérience directe avec l’élève examinent la situation et élaborent un plan d’intervention.

Un Tableau des Trois Voies peut aider l’équipe dans l’analyse et la mise en œuvre. La recherche montre que les interventions comportementales peuvent avoir des effets significatifs sur les enfants aux profils d’apprentissage standard et ceux présentant des défis intellectuels ou comportementaux.

Les interventions peuvent nécessiter 10 à 12 heures par semaine pendant un an d’effort intensif, tandis que d’autres peuvent se dérouler pendant l’instruction en classe régulière.